Comment réduire le délai de paiement de vos factures en tant qu’artisan ? Mes 10 conseils d’avocate

Dans un monde parfait, vos factures seraient payées à la vitesse de l’éclair, comme par magie, dès leur envoi. Avouez-le, quand vous transmettez une facture, vous espérez secrètement qu’elle sera réglée dans la foulée. Mais la réalité est souvent bien différente…

À tel point que les délais de paiement peuvent devenir un véritable casse-tête pour un artisan… Vous aimeriez d’ailleurs pouvoir réduire les délais de paiement de vos factures, autant que faire se peut. Grâce à mes conseils avisés, vous pourriez bien vous rapprocher de votre idéal. Pas de baguette magique ici, mais des conseils concrets et actionnables. Découvrez donc dans cet article, mes 10 conseils pour réduire les délais de paiement de vos factures d’artisan

Réduire les délais de paiement de ses factures | Focus sur les artisans travaillant en BtoC

1/ Fixez votre propre délai de paiement de vos factures d’artisan !

Si vous travaillez en BtoC, en d’autres termes, si vos clients sont des particuliers, c’est vous qui devez fixer vous-même le délai que vous souhaitez octroyer à vos clients pour régler vos factures

Vous pouvez choisir entre : 

  • le paiement de facture « comptant »: si vous souhaitez que votre client vous règle immédiatement à l’exécution de la prestation de services ; 

  • le paiement de facture « à réception »: si vous désirez laisser à votre client un délai de paiement maximum d’une semaine à compter de l’exécution de la prestation de services pour vous régler ; 

  • le paiement de facture « avec délai »: vous octroyez un délai de paiement à votre client après la réception de la facture pour vous régler. Ce délai peut être, à votre appréciation : d’une semaine, 15 jours, 20 jours, etc. La limite étant de 60 jours après l’émission de la facture

Vous devez mentionner le délai choisi dans vos Conditions Générales de Vente (CGV). Ce délai de paiement de vos factures sera dès lors applicable à l’ensemble de vos clients. Vous pouvez aussi en faire mention dans vos factures. 

👉 Si vous souhaitez réduire au maximum le délai de paiement de vos factures, préférez le paiement comptant. 

2/ Bétonnez vos CGV pour éviter les retards de paiement de vos factures 

Vos CGV vont vraiment constituer la base d’un système de facturation efficace. C’est LE document qui vous permet de bénéficier d’une réelle protection. Pour ce faire, il faut penser à y indiquer : 

  • le délai de paiement pour le règlement de vos factures d’artisan

  • les pénalités de retard applicables, en précisant qu’elles sont dues sans qu’un rappel ne soit nécessaire ; 

  • l’indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement ; 

  • le pourcentage d’acompte requis. 

 

 

💡 En tant qu’avocate, je ne peux que vous conseiller d’investir dans vos CGV pour vous garantir plus de sérénité par la suite. Je vous propose 3 formules pour vous assister dans la rédaction de vos CGV, allant de 200 euros HT à 2 000 euros HT en fonction de vos besoins.

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3/ Demandez le règlement d’un acompte avant le début des travaux 

Demander un acompte avant de commencer les travaux est une pratique courante qui présente plusieurs avantages. Tout d’abord, cette pratique permet de sécuriser une partie du montant total de la facture et de réduire le risque d’impayés

En effet, un acompte témoigne de l’engagement du client envers le projet et vous aide à couvrir les frais initiaux liés à la préparation et à l’exécution des travaux.

Le montant de l’acompte peut varier selon la nature et l’envergure du chantier. Pour vous donner une fourchette, en général, il est recommandé de demander entre 30 % et 40 % du montant total. 

Pour une transparence totale, il est judicieux d’intégrer une clause dans vos CGV. De cette façon, cette pratique s’appliquera systématiquement à l’ensemble de vos clients. 

4/ Facturez rapidement après vos prestations 

Outre l’aspect organisationnel, facturer rapidement après une prestation augmente vos chances d’être payé à la vitesse de l’éclair. Tant que votre intervention est encore fraîche dans l’esprit de votre client, il sera naturellement plus enclin à régler votre facture.

Avouons-le, la comptabilité n’est pas la tasse de thé de tout le monde, je vous l’accorde ! Mais plus vous tardez, plus votre client s’éloigne du souvenir de vos travaux. Son attention se disperse, et le règlement risque d’être remis au lendemain lorsqu’il recevra la facture

Une piste de solution ? Essayez simplement de vous créer une habitude à la fin de chaque chantier. Créez-vous une routine simple : dès que le travail est terminé, prenez quelques minutes pour établir votre facture. Avec le temps, facturer deviendra un réflexe et non plus une corvée. 

5/ Relancez sans tarder en cas d’impayé

Dès que le délai de paiement est dépassé, n’attendez pas plusieurs jours ou semaines pour relancer votre client. Adoptez un ton courtois, mais ferme. Gardez également une trace écrite de toutes vos relances, qu’elles soient par e-mail ou par téléphone. 

De nombreux logiciels de facturation proposent des fonctionnalités de relance automatique qui envoient des rappels par e-mail à intervalles réguliers. Une façon de gagner du temps tout en restant professionnel.

Réduire les délais de paiement de ses factures | Focus sur les artisans travaillant en BtoB

6/ Maîtrisez les spécificités de la relation BtoB en termes de paiement 

Selon l’article L. 441-10 du Code de commerce, le délai de paiement entre professionnels est, par défaut, de 30 jours suivant la date de réception ou d’exécution d’une prestation. 

Prenons un exemple concret : vous êtes artisan du bâtiment et vous rénovez les bureaux d’un cabinet d’architectes. Légalement, ils disposent de 30 jours après l’achèvement des travaux pour vous régler la facture

Il s’agit d’un délai par défaut, vous pouvez donc en décider autrement avec vos clients. 

7/ Négociez des délais de paiement adaptés

Il est essentiel de négocier, dès le début de la collaboration, un délai qui vous convienne ainsi qu’à vos clients. 

Vous devez malgré tout respecter le cadre légal et notamment : 

  • prolonger le délai de paiement de vos factures à 60 jours maximum ; 

  • décider de fixer un délai maximal contractuel de 45 jours fin de mois à compter de la date d’émission de la facture.

En cas de facturation récurrente, le délai de paiement de chaque facture est plafonné à 45 jours à compter de la date d’émission de la facture.

8/ Bétonnez vos CGV

Eh oui, on en reparle ! Parce que c’est vraiment la clé de voûte de vos relations commerciales. Alors certes, en BtoB, les CGV ne sont pas obligatoires, mais c’est quand même vivement recommandé. 

D’ailleurs, votre client peut vous les réclamer à tout moment. Imaginez si l’un d’entre eux vous les demandait, vous seriez bien embêté si vous n’en aviez pas, non ? Alors, autant prendre les devants et les avoir bien ficelées dès le départ. D’autant qu’elles constitueront la base de la négociation commerciale entre vous et votre co-contractant. 

Notez que si vous avez à la fois des clients particuliers et des clients professionnels, vous pouvez avoir un type de CGV par type de client (des CGV pour vos clients professionnels et des CGV pour vos clients particuliers.

 

 

💡 Avoir des CGV, c’est bien, mais taillées sur mesure pour votre activité, c’est mieux ! Vous ne plantez pas vos clous avec un fouet de cuisine, si ? 

Eh bien, pour les CGV, c’est la même chose. 

Elles sont complètement utiles si elles sont adaptées à votre activité et vos enjeux. 

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9/ Communiquez clairement sur vos conditions de paiement

Conseil basique, mais qui peut parfois sauver le paiement d’une facture : assurez-vous que tout est bien clair et compris par votre client. C’est le b.a.-ba d’une relation commerciale sereine. Formalisez toujours vos accords par écrit. Au-delà des CGV, pensez également à intégrer vos conditions de paiement dans vos devis, vos contrats, et, bien sûr, vos factures !

10/ The last but not the least : faites-vous accompagner !

Le meilleur conseil que je puisse vous donner : vous faire accompagner dès la création de votre entreprise sur ces questions. Il est tentant de vouloir tout faire soi-même pour économiser, mais la véritable économie réside dans les dépenses futures évitées.

La gestion des impayés est un véritable coût pour votre entreprise :

  • en temps : les entreprises françaises passent en moyenne 77 jours par an à gérer les retards de paiement ; 

  • en argent : la gestion des retards de paiement coûte 56 milliards d’euros aux entreprises françaises ; 

  • en risque : un impayé sur quatre peut mener à une faillite. 

 

 

💡 En tant qu’avocate, je suis à votre disposition pour vous accompagner sur ces questions, contactez-moi ! 

👉 Je souhaite investir pour mon entreprise !



Sabine Vuillermoz
Avocat au Barreau de Sens

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